Placer la coopération au coeur du modèle économique

Placer la coopération au centre du modèle économique

Placer la coopération au centre du modèle économique : S’inspirer du vivant pour une économie sobre et durable

Placer la coopération au coeur du modèle économiqueL’économie moderne repose encore trop souvent sur une vision compétitive et prédatrice où la croissance se mesure à la capacité de surpasser ses concurrents. Ce modèle, loin de la coopération, hérité de l’ère industrielle et du capitalisme néolibéral, tend à considérer les ressources comme illimitées et le progrès comme un jeu à somme nulle : pour qu’un acteur gagne, un autre doit perdre.

Pourtant, dans la nature, ce schéma n’est pas le plus répandu. Contrairement aux idées reçues, l’écosystème naturel n’est pas un champ de bataille où seuls les plus forts survivent. Il repose au contraire sur des logiques d’interdépendance et de coopération, permettant aux espèces de se renforcer mutuellement.

Tout d’abord, prenons  l’exemple des mycorhizes, ces réseaux souterrains reliant les racines des arbres grâce à des champignons microscopiques. Ces structures permettent des échanges de nutriments entre les arbres les plus vigoureux et ceux qui en ont le plus besoin, renforçant la résilience globale de la forêt face aux aléas climatiques et aux attaques extérieures. De la même manière, les récifs coralliens créent un équilibre parfait entre plusieurs espèces, optimisant l’usage de l’énergie disponible et assurant la survie collective. Les exemples sont nombreux.

Pourquoi l’économie humaine ne pourrait-elle pas s’inspirer de ces modèles naturels ?

Plutôt que de chercher à dominer ses concurrents, une entreprise pourrait se positionner comme un acteur coopératif, construisant des alliances et des réseaux d’interdépendance pour renforcer sa résilience et sa durabilité.

Dans cet article, nous allons explorer comment la coopération peut structurer des modèles économiques plus sobres et durables, en identifiant les bénéfices concrets, les freins et résistances, et les moyens d’intégrer la coopération au cœur d’une entreprise. Nous nous appuierons notamment sur le cas inspirant d’Enercoop, qui illustre parfaitement une alternative au monopole des grandes entreprises énergétiques grâce à un modèle coopératif innovant.

1. Pourquoi la coopération est-elle essentielle ?

Premièrement, elle est une réponse aux limites du modèle économique actuel.

La crise climatique et sociale que nous traversons est en grande partie due à une exploitation excessive des ressources, encouragée par un modèle où chaque entreprise cherche à maximiser ses profits sans tenir compte des externalités négatives. Cette quête effrénée de performance individuelle conduit à des aberrations : surproduction, gaspillage, délocalisation massive et précarisation du travail.

La coopération offre une alternative crédible et nécessaire. Plutôt que de considérer les autres acteurs économiques comme des adversaires, elle permet de créer des synergies, où chaque entreprise bénéficie d’une mutualisation des ressources, de l’expertise et des infrastructures.

Prenons l’exemple des circuits courts alimentaires. Plutôt que de dépendre de la grande distribution, certains agriculteurs choisissent de s’associer dans des coopératives, mutualisant leurs outils, leurs canaux de distribution et leurs coûts logistiques.

Résultat : une plus grande résilience économique, des coûts mieux maîtrisés et une meilleure rémunération pour chaque producteur. Avec la condition bien entendu que la coopérative conserve un fonctionnement démocratique !

Les chiffres qui prouvent l’efficacité de la coopération

📊 Des études récentes confirment la pertinence des modèles coopératifs :

✔ Les entreprises coopératives ont une longévité 2,5 fois supérieure aux entreprises classiques (CNCRES, 2023).
✔ 75 % des dirigeants estiment que la coopération sera clé d’ici 2030, mais seuls 45 % ont mis en place des actions concrètes (McKinsey, 2024).
✔ Les modèles collaboratifs affichent une rentabilité 30 % supérieure aux modèles compétitifs (Harvard Business Review, 2023).

2. Les résistances et défis à la coopération

Si les bénéfices de la coopération sont avérés, pourquoi peine-t-elle encore à s’imposer comme un standard économique ? Plusieurs freins structurels et culturels expliquent cette lente transition.

Un héritage économique centré sur la compétition

Depuis l’essor du capitalisme industriel, la compétition est valorisée comme moteur de la réussite. Dans les écoles de commerce, on apprend aux futurs dirigeants à conquérir des parts de marché, à surveiller leurs concurrents et à maximiser leur rentabilité individuelle. Cette vision, profondément ancrée dans les mentalités, rend difficile l’émergence d’un paradigme où l’entraide et la mutualisation des ressources seraient des stratégies dominantes.

Pour inverser cette dynamique, il faut un changement de mindset, une redéfinition des critères de succès qui intègre les impacts sociaux et environnementaux autant que la rentabilité économique.

Le manque de gouvernance et d’outils adaptés

Même lorsqu’une entreprise est convaincue des bénéfices de la coopération, elle se heurte souvent à des obstacles organisationnels. La coopération nécessite des modes de décision partagés, des structures souples et une gouvernance transparente. Or, la plupart des entreprises sont encore structurées de manière pyramidale, rendant difficiles les prises de décisions collectives et la répartition équitable des bénéfices.

📢 Exemple d’échec : une coopérative d’achats groupés entre PME a échoué parce que les membres n’avaient pas anticipé la répartition des investissements et des bénéfices, menant à des conflits et à la dissolution du projet.

💡 Leçon : une coopération réussie exige des engagements transparents, des règles claires et une gouvernance bien définie.

3. Cas inspirant : Enercoop, une alternative coopérative au monopole énergétique

📍 Le problème : Un marché de l’énergie centralisé et polluant
Pendant des décennies, le marché de l’énergie a été dominé par quelques grands acteurs centralisés; qui plus est, orientés vers les énergies fossiles et nucléaires.

📍 La solution d’Enercoop : un modèle coopératif et décentralisé
💡 Créée en 2005, Enercoop fonctionne sous le modèle d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC).

🔹 Ses principes clés :

✔ Approvisionnement en circuit court : l’électricité provient directement de producteurs d’énergies renouvelables en France.
✔ Gouvernance partagée : les consommateurs, producteurs, salariés et collectivités décident ensemble des orientations stratégiques.
✔ Réinvestissement des bénéfices : aucun actionnaire à rémunérer, les profits sont réinvestis dans la transition énergétique.

📊 Les résultats concrets :

  • 100 % d’énergie renouvelable fournie aux clients.
  • 14 coopératives locales, favorisant une transition énergétique territorialisée.
  • Près de 100 000 sociétaires engagés, preuve d’un modèle citoyen et inclusif.

📍 Conclusion : repenser l’économie autour de la coopération

📢 La nature nous montre que la coopération est une force cruciale pour survivre et prospérer.

🌱 Enercoop en est la preuve vivante : un autre modèle est possible et fonctionne déjà.

📢 Engageons-nous ensemble pour un modèle sobre et coopératif !

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